Qui était Mikao Usui ?

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur le Reiki. Comme souvent lorsqu'il s'agit de retracer une histoire, les faits se mêlent parfois aux récits transmis au fil du temps.

La biographie de Mikao Usui présentée ici s'appuie, autant que possible, sur les sources historiques actuellement disponibles. Elle a été rédigée avec le souci de distinguer les faits établis des hypothèses ou des traditions orales, en évitant tout discours idéologique ou toute interprétation relevant de la croyance.

L'une des principales sources concernant la vie de Mikao Usui est sa stèle commémorative, érigée sur le mont Kurama, près de Kyoto, un an seulement après son décès.

Mikao Usui Sensei1) est né le 15 août 1865 dans le village de Taniai (aujourd'hui Miyama-chō), dans le district de Yamagata, préfecture de Gifu, au Japon. Il descendait d'une famille de samouraïs Hatamoto, au service du shogun.

Élevé dans la tradition bouddhiste, il suivit une partie de sa scolarité dans un monastère Tendai2). Dès l'âge de douze ans, il commença la pratique de l'Aïki Jutsu3).

Curieux et passionné d'étude, il s'intéressa à de nombreux domaines tels que l'histoire, la médecine, les écrits bouddhistes, la psychologie, le taoïsme ou encore les arts divinatoires. Il voyagea beaucoup, au Japon comme à l'étranger, et exerça diverses activités professionnelles. Selon Frank Arjava Petter4), il fut notamment le secrétaire privé de Shinpei Gotō, qui deviendra plus tard maire de Tokyo.

Au début du XXᵉ siècle, les méthodes de guérison par les mains (Teate) connaissaient un important essor au Japon. C'est dans ce contexte qu'Eguchi Toshihiro, ami de Mikao Usui, fonda le Tenohira Ryōji Kenkyūkai (Centre de recherche sur la guérison par les mains). Cette période vit également naître des disciplines comme le judo, le karaté ou l'aïkido, dont les fondateurs étaient contemporains de Mikao Usui.

Parallèlement à ses nombreuses recherches, Mikao Usui pratiquait le waka, une forme traditionnelle de poésie japonaise, qu'il intégrera plus tard dans son enseignement. Durant une période de sa vie, il fut également Zaike Tendai5) et pratiqua le shintō6). Certaines pratiques issues de ces traditions, comme les Jumon7) ou les Kotodama8), semblent avoir influencé son enseignement.

Les recoupements entre les documents historiques et les témoignages disponibles permettent de situer le début de son enseignement du Shin Shin Kaizen Usui Reiki Ryōhō (Méthode Usui d'amélioration de l'esprit et du corps par le Reiki) autour de 1915. Son approche, résolument laïque, visait avant tout l'éveil de la personne (Anshin Ritsumei), la guérison étant considérée comme une conséquence naturelle de cette évolution intérieure.

Le système qu'il développa se distinguait notamment par la pratique du Reiju (harmonisation ou bénédiction) et des Gokaï (les Cinq Préceptes), qui occupaient une place centrale dans son enseignement.

Les recherches historiques laissent également penser qu'il utilisait des mantras et différentes formes de méditation afin d'accompagner ses élèves dans leur pratique.

Malgré l'étendue de ses connaissances et de son cheminement spirituel, Mikao Usui estimait ne pas avoir encore atteint l'état de paix profonde qu'il recherchait, appelé Anshin Ritsumei9).

En 1922, sur les conseils de son maître zen, il entreprit une retraite spirituelle sur le mont Kurama, au nord de Kyoto.

Selon les témoignages transmis par ses proches et ses élèves, il vécut, au vingt-et-unième jour de cette retraite, une profonde expérience spirituelle. Les récits rapportent qu'à son retour, il constata que le Reiki se manifestait spontanément à travers ses mains et qu'il expérimenta cette capacité sur lui-même puis auprès de son entourage, avec des résultats qu'il estima concluants. Cette expérience marqua le point de départ de la transmission publique de sa méthode de soins par les mains.

En 1923, il fonda l'Usui Reiki Ryōhō Gakkai10)  , l'organisation destinée à préserver et transmettre son enseignement.

À cette période, l'enseignement devint plus structuré. Des protocoles de positions des mains furent proposés aux débutants afin de faciliter leur apprentissage. Des symboles furent progressivement introduits en complément des mantras, afin d'aider certains élèves à entrer plus facilement en résonance avec les qualités énergétiques recherchées. Ces différents supports poursuivaient un même objectif et s'inscrivaient dans une pratique cohérente.

En 1924, il publia l'Usui Reiki Hikkei, un manuel de soixante-huit pages destiné à ses étudiants. L'année suivante, il réorganisa les niveaux d'enseignement (Shoden, Okuden, Shinpiden et Kaiden) et entreprit la construction d'une clinique de Reiki à Tokyo.

Mikao Usui s'éteignit en mars 1926, à l'âge de soixante-deux ans, des suites d'un accident vasculaire cérébral. Ses cendres reposent aujourd'hui au cimetière du temple Saihō-ji, dans le district de Suginami à Tokyo.

Au cours de sa vie, il transmit son enseignement à plus de deux mille élèves, dont vingt-et-un devinrent enseignants.

1) Traduction : «enseignant».

2) École du bouddhisme japonais fondée en 805.

3) Art martial ancêtre du Judo et de l’Aïkido

4) Maître-Reiki et auteur

5) Prêtre laïc

6) Plus ancienne religion du Japon

7) Mantras (enseignés à partir du 2ème degré Okuden).

8) Sons vibratoires de méditation et de guérison (enseignés à partir du 2ème degré Okuden).

9) Éveil spirituel, réalisation de soi.

10) Traduction : Organisation ou société

Mikao Usui fondateur du Reiki Usui Usui Sensei