La peur du Reiki est-elle fondée ?
- Par Régis Debert
- Le 15/10/2026
Chacun a le droit d'affirmer ses convictions, sans pour autant utiliser la peur pour empêcher les autres de penser librement
La peur est un réflexe naturel qui peut nous protéger, mais elle peut aussi devenir un puissant instrument d'influence. Lorsqu'elle est entretenue ou instrumentalisée, elle peut nous conduire à rejeter ce que nous ne connaissons pas, à craindre ce qui nous dérange et à condamner ce qui remet en question nos certitudes.
Les convictions philosophiques et spirituelles peuvent donner un sens à notre existence. Mais lorsqu'elles deviennent des vérités exclusives, auxquelles nul ne pourrait déroger sans être considéré comme dans l'erreur ou le danger, elles risquent de devenir des instruments de contrôle plutôt que des chemins de réflexion et d'épanouissement.
La peur de l'autre révèle parfois une difficulté plus profonde : celle d'accueillir l'incertitude, de questionner ses propres croyances ou d'accepter que d'autres puissent trouver du sens à leur existence autrement que nous. Pour préserver nos repères, nous pouvons alors être tentés de disqualifier ce qui nous est étranger, voire de lui attribuer des intentions malveillantes.
Le Reiki n'échappe pas à ce phénomène. Certaines critiques dépassent le questionnement légitime sur sa pratique, ses fondements ou ses limites, jusqu'à l'associer à des influences démoniaques ou dangereuses. De telles affirmations, lorsqu'elles reposent uniquement sur des convictions doctrinales, peuvent susciter une peur injustifiée chez ceux qui souhaitent simplement découvrir cette pratique.
Pourtant, le Reiki n'impose aucune adhésion religieuse. Dans une approche laïque et non dogmatique, il propose une voie de pratique et d'expérience personnelle, que chacun reste libre d'explorer ou de ne pas suivre. Les notions d'énergie universelle, d'harmonie et d'unité qui lui sont associées peuvent être comprises de différentes manières, sans devenir des vérités à imposer à autrui.
Défendre cette liberté ne signifie pas refuser la critique. Toute pratique peut être questionnée, et chacun est libre d'exprimer son désaccord. Mais une critique constructive s'appuie sur des arguments et laisse place au dialogue, tandis que la peur peut enfermer les consciences et empêcher toute réflexion personnelle.
La liberté de conscience suppose de pouvoir croire ou ne pas croire, pratiquer ou ne pas pratiquer, sans être condamné ni intimidé pour ses choix.
Nous n'avons pas besoin de partager les mêmes convictions pour nous respecter.
L'humanisme commence précisément lorsque nous acceptons que nos différences ne constituent pas nécessairement une menace, et que nul ne devrait avoir à renoncer à sa liberté de penser pour rassurer ceux qui ne partagent pas notre cheminement.