Acteurs de la transmission et du développement du Reiki

Depuis la disparition de Mikao Usui en 1926, de nombreux praticiens, enseignants et chercheurs ont contribué, chacun à leur manière, à la transmission, au développement, ou à une meilleure compréhension du Reiki. Cette présentation ne prétend pas être exhaustive.
Elle met en lumière quelques personnalités dont l'influence a marqué l'histoire du Reiki ou contribué à mieux faire connaître ses origines et son évolution.


Chujiro Hayashi (1880-1940)

Né à Tokyo en 1880, Chujiro Hayashi était officier de la marine impériale japonaise. Après une carrière militaire, il entreprit à l'âge de 45 ans l'étude du Reiki auprès de Mikao Usui au sein de son école de Tokyo. Il poursuivit sa formation jusqu'au décès d'Usui Sensei en 1926 et fut l'un des vingt-et-un enseignants formés directement par celui-ci.

À la suite de la disparition de Mikao Usui, Hayashi poursuivit son activité dans la continuité de son enseignement avant de fonder, en 1931, le Hayashi Reiki Ryoho Kenkyu-kai (« Centre de recherche sur la méthode de soin Reiki de Hayashi »). Cette structure est généralement considérée comme la première clinique entièrement consacrée à la pratique professionnelle du Reiki.

Au fil des années, Hayashi développa une manière d'enseigner qui lui était propre, aujourd'hui connue sous le nom de Hayashi Shiki Reiki (« la méthode Reiki selon le système Hayashi »). Son enseignement conserva les fondements transmis par Mikao Usui tout en introduisant une forme d'initiation plus structurée, intégrant notamment les symboles ainsi que leurs formules de transmission (jumon ou shingon, selon les sources). Pratiquant du bouddhisme Soto Zen, il évoluait également dans une culture profondément imprégnée du shintoïsme, dont certains aspects transparaissent naturellement dans sa manière d'aborder le Reiki.

En 1935, Hawayo Takata (biographie ci-après) rejoignit sa clinique afin d'y recevoir des soins, avant de devenir son élève puis enseignante.

Les circonstances qui conduisirent au décès d'Hayashi demeurent encore discutées. Selon certaines sources, il aurait souhaité éviter d'être rappelé comme réserviste durant la Seconde Guerre mondiale ; d'autres évoquent les tensions politiques de l'époque. Chujiro Hayashi mit fin à ses jours le 10 mai 1940.

Avant son décès, il forma treize enseignants de Reiki, parmi lesquels son épouse Chie Hayashi, qui poursuivit son œuvre en prenant la direction du Hayashi Reiki Ryoho Kenkyu-kai.

Si Chujiro Hayashi est aujourd'hui la figure la plus connue en raison de la transmission qui conduira ensuite au Reiki occidental, d'autres anciens étudiants de Mikao Usui ont également joué un rôle important au Japon dans le développement des pratiques de soin par les mains.

Deux anciens étudiants de Mikao Usui sont particulièrement connus : 

Eguchi Toshihiro
Ami et élève de Mikao Usui, Eguchi Toshihiro fonda en 1928 la Tenohira Ryoji Kenkyu-kai (« Association de recherche sur le traitement par les mains »). Auteur de nombreux ouvrages, il participa largement à la diffusion des pratiques de guérison par imposition des mains. Selon les recherches de Chris Marsh, son influence aurait également contribué à façonner certains enseignements qui deviendront plus tard connus en Occident sous le nom de Reiki.

Tomita Kaiji
Ancien élève de Mikao Usui, Tomita Kaiji publia en 1933 l'ouvrage Reiki to Jinjutsu – Tomita Ryu Teate Ryoho, réédité en 1999. Ce livre rassemble de nombreux exemples de traitements, décrit notamment la pratique du Hatsurei-ho — exercice destiné à développer la sensibilité et la circulation du Reiki — ainsi que différentes indications concernant les positions des mains selon les situations rencontrées.


Hawayo Takata (1900-1980)

Reconnue comme étant à l'origine de la diffusion du Reiki en Occident, Hawayo Takata est née en 1900 à Hawaï, de parents japonais immigrés.

En 1935, devenue veuve, éprouvée par le décès récent de sa sœur, en grande difficulté financière et souffrant de plusieurs problèmes de santé, elle vendit sa maison afin de se rendre au Japon pour y recevoir des soins.

Selon le témoignage d'Hawayo Takata, une maladie nécessitant une intervention chirurgicale lui fut diagnostiquèe par son médecin et elle se sentie guidée par une profonde intuition. Elle décida d'explorer une approche thérapeutique moins invasive. Son chirurgien, le docteur Maeda, lui recommanda alors la clinique de Reiki de Chujiro Hayashi. Elle y suivit un traitement composé de soins quotidiens. Après plusieurs semaines, ses symptômes auraient totalement disparu.

Profondément marquée par cette expérience et remplie de gratitude, Hawayo Takata demanda à étudier le Reiki. Après plusieurs mois de pratique et de formation à la clinique de Chujiro Hayashi, elle obtint le niveau Shoden en décembre 1935, puis le niveau Okuden en 1937.

De retour à Hawaï, elle fut désignée en 1938 par Chujiro Hayashi comme première enseignante de Reiki aux États-Unis et, plus largement, en Occident.

Elle ouvrit son cabinet, commença à transmettre le Reiki et à former de nouveaux praticiens. Après une période de retrait durant la Seconde Guerre mondiale, elle reprit son enseignement sous l'appellation « Usui Shiki Ryoho » (« Méthode Usui de guérison naturelle »). Elle consacra près de quarante années à transmettre cette méthode, jusqu'à son décès, à l'âge de 80 ans.

Hawayo Takata ne mit jamais particulièrement l'accent sur les origines japonaises du Reiki. Cela s'explique sans doute par le contexte de la Seconde Guerre mondiale, marqué par une forte hostilité envers le Japon, mais également parce qu'elle considérait que certaines pratiques japonaises étaient trop complexes ou peu adaptées au public occidental.

Si une grande partie des techniques japonaises ne fut pas transmise dans son enseignement et si l'histoire du Reiki fut en partie adaptée afin de faciliter son intégration dans la culture occidentale, c'est grâce à Hawayo Takata que le Reiki a pu se diffuser à travers le monde. Nous lui devons en grande partie la transmission de cet héritage jusqu'à nos jours.

Hawayo Takata s'éteignit en décembre 1980.

Au cours de sa vie, elle forma vingt-deux maîtres enseignants de Reiki, parmi lesquels sa petite-fille, Phyllis Lei Furumoto (biographie ci-après).
 

Phyllis Lei Furomoto (1948-2019)

Petite-fille d'Hawayo Takata, Phyllis Lei Furomoto fut l'une des principales figures de la transmission du Reiki après le décès de sa grand-mère.

À la disparition de Hawayo Takata en 1980, les vingt-deux maîtres qu'elle avait formés créèrent The Reiki Alliance, une association internationale destinée à préserver l'enseignement reçu, à favoriser les échanges entre enseignants et à soutenir la pratique du Reiki Usui Shiki Ryoho.

En 1992, l'association demanda à Phyllis Lei Furomoto d'officialiser l'appellation Usui Shiki Ryoho – Système Usui de Guérison Naturelle, conformément à la terminologie employée par Hawayo Takata. Un code d'éthique fut également adopté afin d'encourager les enseignants à exercer leur pratique avec responsabilité, intégrité et respect envers leurs élèves comme envers les personnes qu'ils accompagnaient.

Tout au long de sa vie, Phyllis Lei Furomoto encouragea les praticiens à se rencontrer, à partager leur expérience et à transmettre le Reiki dans un esprit de continuité. Son action a profondément marqué l'histoire du Reiki occidental.

Tous les maîtres formés par Hawayo Takata ne choisirent cependant pas d'intégrer The Reiki Alliance. Certains poursuivirent leur enseignement de manière indépendante, tout en restant fidèles à la lignée Usui-Hayashi-Takata. D'autres firent évoluer leur pratique en l'enrichissant d'approches issues de différentes traditions ou disciplines. Ces évolutions contribuèrent à l'apparition de nombreux courants contemporains du Reiki.
 

Le retour aux sources japonaises

À partir du milieu des années 1990, les recherches historiques menées au Japon permirent de mieux connaître la vie de Mikao Usui ainsi que les pratiques enseignées dans son école. Cette redécouverte contribua à renouveler la compréhension du Reiki dans de nombreux pays et permit à plusieurs enseignants occidentaux de rapprocher progressivement leur pratique de ses sources japonaises.

Parmi les figures majeures de ce mouvement, Hiroshi Doi occupe une place particulière. Né en 1935, il fonda en 1995 le Gendai Reiki Ho, une méthode destinée à intégrer la pratique du Reiki dans la vie quotidienne tout en établissant un pont entre les enseignements japonais et la tradition occidentale issue de Hawayo Takata.

À travers ses livres, ses conférences et son enseignement, Hiroshi Doi contribua également à mieux faire connaître l'histoire de Mikao Usui et les pratiques originelles du Reiki. Il est aujourd'hui considéré comme l'une des figures majeures du Reiki contemporain.

D'autres enseignants et chercheurs ont également participé à cette redécouverte des sources japonaises, parmi lesquels Don Alexander, Frank Arjava Petter, Chris Marsh, Mark Hosak, Walter Lübeck ou encore Frans Stiene.
En France, Patrice Gros, Corinne Bouty, Nita Mocanu,... figurent parmi les auteurs et enseignants ayant contribué à diffuser ces recherches auprès du public francophone.